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Beatlemania!
With The Beatles
Cet album était une parution unique au Canada
LP.6051.9.1 | Violet 1re génération (Cinram)
LP.6051.9.1 n'était toujours offert qu'en STÉRÉO. Ce pressage se reconnaît à son étiquette violette plus foncée et au logo du dôme dans le texte de périphérie de l'étiquette. Il porte aussi le plus petit anneau de pressage de 29 mm, et un anneau extérieur texturé différent autour de l'anneau de pressage, caractéristique des pressages Cinram.
Disponibilité
Cette variante a été offerte peu de temps en 1977 (environ quelques mois), quand un sous-traitant temporaire (Cinram) a apparemment été utilisé pendant que Capitol ajustait les opérations de sa nouvelle usine de Mississauga (Ontario). Les « pressages Capitol » réguliers sont revenus quelques mois plus tard (voir LP.6051.10.1).
Informations générales
Ce pressage porte la nouvelle étiquette violette « de style ancien », mais contrairement aux étiquettes standards des pressages suivants, celle-ci est légèrement plus foncée, porte le logo du dôme dans le texte de périphérie et présente un anneau de pressage différent (29 mm contre 39 mm).
Ce pressage a aussi la particularité d'offrir un hybride entre un nouveau mixage stéréo et l'ancien mixage simulé (une face en nouveau vrai stéréo, l'autre en vieux stéréo simulé).
Il s'agit d'une série de pressages étranges et rares. Elle porte une étiquette violette plus foncée avec le logo du dôme Capitol dans le texte de périphérie. Il semble que Capitol ait sous-traité le pressage de ces disques à Cinram pendant que les opérations s'ajustaient encore à la nouvelle usine.
Informations de pressage
Ce pressage n'était offert qu'en stéréo, mais propose un hybride entre vrai stéréo et stéréo simulé. Capitol a confié le pressage de cette série de rééditions à Cinram. L'anneau de pressage est révélateur de Cinram.
Les numéros de matrice sont encore une fois différents : la face 1 offre un nouveau vrai mixage stéréo, tandis que la face B garde le mixage stéréo simulé de LP.6051.8.1 :
Face A : ST 6051 TLC-A
Face B : ST 6051 XEX-448-RE6 JAMF
Le marquage JAMF indique que la laque a été gravée chez « Just Another Mastering Facility » à Toronto : la face B provient donc de la même laque que la variante précédente (LP.6051.8.1), tandis que la face A est faite d'une laque gravée chez « The Lacquer Channel » à Toronto, sur un disque de laque vierge Apollo. La face A offre donc un vrai mixage stéréo plus récent.
Capitol ayant temporairement sous-traité ces pressages à Cinram en renfort pendant l'ajustement de la nouvelle usine, il est fort probable qu'ils aient été faits de plaques de pressage Capitol « empruntées », envoyées de Mississauga (plutôt que d'un nouveau master créé chez Cinram). Un marquage « CR » dans la zone morte (deadwax) indiquerait un master fait par Cinram même; aucun pressage de cette série de 1977 n'a été documenté avec ce marquage à ce jour (on ne le trouve que sur des rééditions Cinram ultérieures).
Mixages stéréo étroit et large
Quelle est la différence?
Encore aujourd'hui, les mixages stéréo des trois premiers albums Beatles canadiens sur Capitol Records (Beatlemania, Twist And Shout et Long Tall Sally) font couler beaucoup d'encre et sèment la confusion. Parus avant que Capitol USA ne signe une entente de distribution pour le catalogue des Beatles, ces trois albums ont été assemblés et gérés uniquement par Capitol du Canada, et n'ont donc jamais subi le son « Dexterisé » que Capitol USA imposait au catalogue britannique pour « américaniser » le matériel européen. N'étant pas gérés par la maison mère, ces albums ont été les seuls albums des Beatles à rester offerts en mono jusqu'au milieu des années 1970, contrairement au reste du catalogue qui a fait la transition normale vers le stéréo en 1968.
Malheureusement, la transition des trois albums canadiens a semblé un peu forcée, avec une difficulté évidente à choisir un mixage au son convenable pour ces premières « nouvelles » parutions stéréo. Dire que les albums Beatles canadiens n'ont subi aucune « Dexterisation » n'est donc pas tout à fait exact : les premiers mixages stéréo de ces trois albums sonnaient extrêmement artificiels, parfois plus près du mono que ce qu'on attendrait d'une parution stéréo.
Un véritable mixage stéréo?
Ces premiers mixages stéréo sont parfois si près du mono qu'il subsiste encore aujourd'hui, chez les collectionneurs, une certaine confusion sur le moment et la manière dont ces trois albums sont réellement passés au stéréo. On parle dans la communauté de mixages étroits et larges sans définition claire de ce qu'ils sont. Pour ajouter à la confusion, bien des exemplaires sont des hybrides entre les deux mixages étroit/large (ou mono/étroit); tout cela pendant que certaines plages précises restent en mono sur des parutions stéréo officielles jusqu'en 1987 (comme des plages de 45 tours qui n'ont jamais été mixées en stéréo).
Comment le stéréo simulé est fabriqué
Il faut d'abord comprendre ce qu'est le mixage stéréo étroit. Amateurs et collectionneurs l'ont baptisé mixage étroit parce qu'il sonne exactement comme cela : étroit, avec presque aucune séparation entre les canaux droit et gauche; il n'ajoute finalement qu'un peu plus d'« espace » au mixage, avec de l'écho traité et une égalisation extrême pour créer une IMPRESSION de stéréo.
Les auteurs hésitent à qualifier le mixage étroit de « stéréo », parce qu'en réalité, ce n'est souvent pas un vrai mixage stéréo créé en plaçant les instruments de part et d'autre du spectre sonore. Le mixage étroit est dans certains cas un mixage mono traité ou recanalisé, semblable à ce que Capitol USA appelait le stéréo Duophonic. Ce « tour de force » d'ingénierie sonore consiste à prendre une plage mono et, en accentuant la réverbération (écho) d'un côté et en modifiant radicalement l'égalisation de l'autre canal, à créer des différences notables entre les deux canaux (écho et son plus brillant d'un côté, basses plus rondes de l'autre), ce qui produit une subtile ILLUSION de son stéréophonique.
Ces manipulations ont eu lieu dans les années 70, au studio de matriçage canadien, et n'ont rien à voir avec les mixages originaux créés par EMI en Angleterre. Ces mixages étroits paraissent un peu déplacés aujourd'hui, à cause du résultat audio étrange, bien sûr, mais surtout parce que ces techniques servaient généralement quand les mixages stéréo étaient indisponibles ou n'existaient pas. Dans le cas de ces trois albums uniques au Canada, des mixages stéréo originaux existaient déjà chez EMI, puisque Please Please Me et With The Beatles avaient été préparés en stéréo à Abbey Road dès 1963. Les collectionneurs d'aujourd'hui ne peuvent que se demander pourquoi ces bandes maîtresses stéréo originales (stereo master tapes) n'ont pas servi dès le départ, au lieu de chercher à duper l'auditeur en forçant un mixage stéréo à partir d'une plage mono.
Qu'est-ce que cela signifie pour les collectionneurs aujourd'hui?
Le résultat ne fait pas l'unanimité, et même si ce n'est techniquement plus du mono, les collectionneurs ne considèrent pas ces mixages comme du vrai stéréo, même si l'étiquette annonce une parution stéréo. Les auteurs préfèrent donc parler d'un « mixage stéréo simulé » plutôt que d'un mixage étroit. Ces mixages portent habituellement des numéros de matrice combinant le nouveau numéro stéréo et l'ancienne matrice mono (« ST 6054 XEX-455-2 » contre XEX-455, par exemple). Les vrais mixages stéréo ultérieurs ne portent que le nouveau numéro stéréo.
Les vrais mixages stéréo, eux, ne consistent pas à créer une illusion de son stéréophonique à partir d'un mixage mono : ce sont des plages mixées en stéréo directement à partir des bandes multipistes des sessions d'enregistrement, ce qui permet aux ingénieurs de placer différentes parties de l'enregistrement de gauche à droite dans le spectre sonore. Bien que de vrais mixages stéréo puissent être créés des années après l'enregistrement (comme ce fut le cas pour le matériel d'Anthology, de Love ou de la récente série de remixages), ils étaient habituellement faits en même temps que les mixages mono, avant la parution originale du disque. La plupart des plages des Beatles ont été préparées en mono et en stéréo, même si quelques rares 45 tours jamais parus sur album n'ont été mixés qu'en mono. Les auteurs préfèrent donc parler des mixages larges comme de « vrais mixages stéréo ».
Capitol a fini par y arriver quelques années plus tard, offrant de vrais mixages stéréo au son fantastique de Beatlemania, Twist And Shout et Long Tall Sally. Le catalogue Beatles standardisé ultérieur (les versions américaines) était fait de bandes maîtresses américaines envoyées de Scranton ou de L.A., mais ces trois albums uniques au Canada ont été préparés à partir de rubans envoyés directement par le siège social britannique, ce qui garantit que nos versions de chansons comme All My Loving sonnent beaucoup plus comme les mixages britanniques (UK).
Comprendre l'évolution de ces différents mixages stéréo
S'y retrouver parmi les différents mixages stéréo est un défi, mais le vrai défi tient plutôt à déterminer quand ils sont apparus, et quand un mixage plus récent les a remplacés. Capitol et ses sous-traitants de pressage ne gaspillaient jamais de matériel de production et utilisaient les plaques jusqu'à leur usure. Les plaques des deux faces d'un album ne s'usaient pas nécessairement en même temps, ce qui fait que bien des exemplaires pressés pendant une période de transition entre deux nouveaux matriçages (masters) sont des hybrides entre deux mixages. Une volonté claire de produire une série uniforme de rééditions ne semble s'être manifestée qu'avec l'étiquette Arc-en-ciel rétro en 1984. C'est seulement à ce moment qu'un tout nouveau matriçage (master), tiré d'un vrai mixage stéréo digne de ce nom, a enfin été introduit. Ce nouveau matriçage saute aux yeux quand on compare la largeur de la zone morte (deadwax) de chaque face.
Voici un aperçu des transitions entre les différents mixages. Comme mentionné plus haut, il n'y a pas de changement net entre les versions, et bien des exemplaires offrent un couplage hybride de transition. Mais la liste ci-dessous donne une bonne idée de ce qui était offert, et approximativement à quel moment :
Mixages stéréo de Beatlemania!
• Mono jusque vers 1975
• Étiquette orange 2e, 1975 : stéréo étroit (laque JAMF)
• Étiquette orange 3e, 1976 : stéréo étroit (nouvelle laque JAMF différente)
• Étiquette violette 1re, 1977 : hybride entre étroit (JAMF) et vrai stéréo (TLC)
• Étiquette violette 2e, 1978 : stéréo étroit (laques JAMF de 1976)
• Étiquette violette 3e, 1980 : vrai stéréo (laques TLC)
• Arc-en-ciel rétro, 1984 (CBS et Cinram) : vrai stéréo « large » (nouveau matriçage Columbia (Columbia master))
Pochette
La pochette de cette variante présente un graphisme semblable à celui des variantes précédentes (non marquée, mention stéréo, etc.), mais utilise désormais une construction en carton imprimé (posterboard) : l'image est imprimée directement sur le gabarit de carton au lieu de feuillets de papier collés. Le résultat est une pochette beaucoup plus mince et fragile, sans cadre blanc autour de l'image du devant. L'endos porte aussi les nouvelles mentions légales ainsi que le nouveau logo Target.
Emballage
Cette édition était expédiée dans une pellicule ajustée, avec ou sans une pochette intérieure de papier régulière. Ces pochettes Capitol peuvent être carrées ou à coins arrondis, avec un grand rabat au bas et sur le côté.
Note** Ces pochettes intérieures étaient utilisées au fil des réapprovisionnements; il est donc possible que des pochettes antérieures restantes aient aussi servi.
